HOMMAGE À TERESA BERGANZA (1933 – 2022)

Au festival Publié le 13/05/2022
Teresa Berganza - Académie européenne de musique du Festival d'Aix-en-Provence 2005
© Elisabeth Carecchio

Le Festival d’Aix apprend avec un immense regret la disparition de Teresa Berganza, chanteuse mythique de notre institution, et l’une des plus grandes mezzo-sopranos de sa génération.

La mezzo madrilène commence en effet sa carrière au Festival d’Aix-en-Provence, repérée par son directeur artistique de l’époque, Gabriel Dussurget. En 1957, elle chante ainsi le rôle de Dorabella dans Così fan tutte de Mozart, aux côtés de l’autre Teresa d’Aix-en-Provence, la soprano Teresa Stich-Randall. Cette production iconique du Festival, dans les décors du peintre Balthus et dirigée par Hans Rosbaud sera reprise en 1961 et en 1965. Durant ces années, Teresa Berganza est présente presque tous les étés, alors même qu’elle est sollicitée dans le monde entier. Elle incarne avec délice un autre rôle mozartien : celui de Chérubin dans Le nozze di Figaro, autre grande production du Festival, qu’elle reprend en 1960, 1962 et 1964. Outre Mozart, elle est également une formidable Rosine dans Il Barbiere di Sviglia (1958, repris en 1965) aux côtés de Rolando Panerai.

Jeune, habile dans la vocalise, excellente actrice, elle incarne l’élégance et la perfection de sa discipline. Polyvalente, elle aborde également au Festival le répertoire baroque : le rôle d’Ottavia dans L’incoronazzione di Poppea (1961, 1964), celui de la reine de Carthage dans Dido and Aeneas de Purcell (1960, 1961).

Voix des plus prisées par le Festival, elle se produit également en concert et en récital. En 1962, elle chante dans le Cloître Saint-Louis un programme composé d’airs baroques, mais surtout de chansons populaires espagnoles (Granados, de Falla), les zarzuelas, qu’elle étudie depuis son tout jeune âge à Madrid. Elle réitère l’exercice en 1991, dans un récital qui mêle aux airs de Mozart, pour le bicentenaire de sa disparition, ceux des mélodies populaires de son pays.

Teresa Berganza est une part de l’âme des premières années du Festival, qu’elle ne quitta jamais complètement : en 1978, elle revient chanter Ruggiero (Alcina, Händel) en duo avec Christiane Eda-Pierre. Fidèle à une institution qu’elle affectionnait, elle y partage son savoir et son expérience à travers des master classes (1983) et l’accompagnement des jeunes chanteurs de l’Académie européenne de musique (2005).

Vous pouvez l’écouter raconter ses débuts au Festival dans cette série, et écouter ce récital donné dans la Cour de l’Hôtel Maynier d’Oppède en 1961.

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